Les premiers appels à proposition du programme d’appui aux acteurs non étatiques du Sénégal ont été lancés le 15 avril dernier. Une réunion d’information a réuni les différents acteurs pour échanger sur le programme dans son ensemble, notamment ses composantes, les objectifs et les modalités de mise en œuvre, etc. Conçu par le gouvernement du Sénégal et l’Ue, ce programme d’un montant de 7, 5 millions d’euros soit 4,9 milliards de FCFA, constitue une continuité du 9e Fed, va permettre d’étendre l’intervention des Ane dans d’autres secteurs, notamment la migration et la culture. Le volet « Ane général » qui est le prolongement du 9e Fed va se faire avec trois appels à propositions en raison d’un appel par an jusqu’en 2012 sur des thèmes variés qui seront discutés avec la plateforme et l’ensemble des acteurs non étatiques. Le programme est logé au ministère de l’économie et il vise une plus grande implication des Ane (société civile, secteur privé, Ong), dans la gestion des ressources, l’amélioration des conditions de vie des populations, le renforcement des droits humains, la pratique de la citoyenneté, etc.
Selon Mamour Ousmane Bâ, de la direction de la coopération économique et financière du ministère de l’économie et des finances, les résultats obtenus avec le premier programme sont globalement satisfaisants. Il s’agit maintenant de maintenir le même niveau de performance dans le cadre de ce deuxième programme. Selon, M. Bâ, globalement sur le 10e Fed, on est à plus de 70 % d’engagements, ce qui atteste d’une bonne absorption des ressources allouées au Sénégal. « Pour le 9e Fed, il n’y a pas eu de pertes de ressources avec les nouvelles procédures de l’Ue, et aujourd’hui, également dans ce processus, le Sénégal est en train de faire de grands pas dans l’absorption des ressources globales qui ont été allouées par la commission européenne dans le cadre du 10e Fed », a-t-il affirmé.
Ainsi, le présent programme cadre parfaitement avec l’accord de Cotonou et devra permettre de développer des approches participatives pour une implication plus dynamique des Ane qui ont déjà accumulé une bonne expérience dans le premier programme.
Sur les différents axes de concentration du 10e Fed, comme l’intégration régionale et commerciale, et l’assainissement, les Ane ont leur rôle à jouer, et ils seront mis au cœur du dispositif. « Dans le processus de revue à mis parcours dans lequel le Sénégal s’est engagé depuis quelque mois, nous avons juste essayé de procéder à quelque redistributions mineures, ces secteurs étaient un peu lents par rapport aux autres, pour couvrir le maximum de secteurs et faire en sorte qu’à la fin du processus, qu’on n’ait pas à retourner ou perdre des ressources au profit d’autres pays qui seront jugés plus performants », a précisé M. Bâ. Aussi, ajoute t-il : « nous avons la chance dans le processus de programmation de suivre ce qui se fait avec l’ensemble des pays Acp, et aujourd’hui, au niveau de l’Afrique de l’Ouest, le Sénégal est parmi les pays qui sont au top en termes d’absorption des ressources avec la commission européenne ».
Et c’est la raison pour laquelle, pour ce présent programme « acteurs non étatiques », le Sénégal a été désigné comme point focal.
Selon Ibrahima Dème du ministère de l’économie et des finances, chef du programme, les propositions des bénéficiaires doivent contribuer à l’amélioration des conditions de vie des communautés défavorisées, le renforcement des droits humains, l’amélioration des bonnes pratiques, la promotion de politiques publiques, entre autres. En somme, cela devra aussi conduire vers le renforcement de la gouvernance politique, économique et sociale, au niveau national et local, et à la réduction de la pauvreté. « Nous remercions l’Etat du Sénégal et l’Ue pour cette constance dans le respect de l’accord de Cotonou qui fixe les modalités de coopération entre les pays Acp et l’Ue, et qui inscrit les principes de participation des Ane dans l’élaboration des politiques de coopération, à leur mise en œuvre, de même que l’appui financier dont ils devraient pouvoir bénéficier en tant qu’acteurs opérationnels tout comme pour le renforcement de leurs capacités », a indiqué le président des Ane au Sénégal, Papa Senghane Diouf. Selon ce dernier, le précédent programme a permis à la plateforme des Ane de renforcer sa représentativité, avec notamment l’implantation d’antennes régionales dans les onze anciennes régions, et de trois points focaux dans les nouvelles régions. 51 organisations ont bénéficié de subventions qui ont contribué à renforcer les capacités. Stéphane Halgand, de la délégation de l’union européenne au Sénégal, s’est réjoui de la tenue de cette première réunion d’information publique sur ce nouveau programme pour apporter des clarifications sur les lignes directrices.
Après les deux premiers appels à propositions lancés le 15 avril dernier, un troisième appel le sera très prochainement. Mais dès à présent, les organisations peuvent soumettre leurs projets.
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