Papa Nalla Fall est parti pour toujours laissant la communauté économique et la société civile sénégalaises orphelines. Papa Nalla Fall a été arraché à notre affection suite à une maladie en ce début du nouvel an qui coïncide avec l’anniversaire du cinquantenaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Il a été, sans doute, parmi ceux qui ont beaucoup fait pour ce pays depuis les années d’indépendance à nos jours.
Homme d’Affaire et opérateur économique, Papa Nalla savait conjuguer les affaires et le social. Il savait donner un sens social aux actions patronales. Il était un homme de consensus, une sorte de synthèse entre le social et l’économique. Il mettait toute son expérience et sa disponibilité au service des acteurs non étatiques. Il déroulait avec pertinence des arguments de haute facture pour montrer les subtilités des accords de partenariats économiques et dégageait les chemins par lesquels le Sénégal et les pays africains pouvaient passer pour rendre nos relations avec l’Union européenne plus équilibrés afin que le contrat tacite qui nous lie depuis des décennies ne soit pas du tout léonin.
Il a été l’homme qu’il fallait pour incarner la plateforme des acteurs non étatiques, cette nouvelle trouvaille issue de l’accord de Cotonou en 2000, un accord qui renforce la place de la société civile dans la coopération entre l’Union Européenne et les pays d’Afrique, du Caraïbe et du Pacifique. Il avait mis en place dans le cadre de cette organisation un environnement décloisonné qui a permis, à la surprise de tous, un dialogue réel entre les syndicats, les organisations patronales et les ONG sans oublier les organisations communautaires de base. Ce qui a permis de poser les jalons d’un dialogue franc axé sur la bonne gouvernance entre l’Etat et le Non étatique pour que développement du pays soit une réalité et s’écarte des discutailleries politiciennes
Il accordait une place de choix aux groupes vulnérables. Les jeunes et les femmes, les enfants et les personnes en situation de handicap, qu’ils soient de Dakar ou des coins les plus reculés du Sénégal pouvaient sans risque d’être déçus comptés sur lui pour renforcer leur estime de soi, se valoriser et se sentir aussi responsable au premier chef du destin pays. Il ne négligeait aucune de leur préoccupation. Il était conscient que le développement n’est pas l’apanage d’une classe sociale donnée. Il doit être aussi être senti par les couches sociales les plus défavorisées. Sa prestation lors de la 1ère édition de HandiFestival International est une parfaite illustration de l’importance qu’il donnait à la question de l’intégration socio-économique des personnes en situation de handicap du pays et du continent. Il avait à cette occasion devant un public riche et varié démontré de façon claire et détaillée que ces personnes pouvaient recouvrer une vie décente et autonome en ayant accès à l’emploi, au travail dans une dynamique inclusive.
Papa Nalla Fall était en phase avec ce monde où le savoir et l’intelligence sont au premier plan. Il pouvait de manière simple et claire dans un style pédagogique élucidé, sur des sujets d’actualité pointus son audimat avec beaucoup de générosité. Papa Nalla Fall était cet « homo sénégalensis » dont parle Senghor, enraciné et ouvert aux autres cultures et aux autres nations. Il était un véritable pionnier du donner et du recevoir. Positif, optimiste, généreux, élégant, ouvert, communautaire, respectueux, organisé, méthodique, serein, rigoureux, ponctuel, sociable, pieux, serviable, engagé, Papa Nalla était tout cela sur un fond d’humilité. Respecté de tous, il servait sans assujettir et manageait en se situant au niveau le plus bas de l’organisation, sans vanité ou narcissisme.
Nous vous souhaitons un repos paisible mérité au paradis dans ses plus beaux endroits et que la terre de Thiès voit soit légère ad vitam æternam
Ousmane Thiendella Fall
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