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Le blocage sur les APE ne signifie pas un dialogue de sourds, selon un officiel européen

11/07/2012

Le blocage noté dans les négociations sur les Accords de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) ne peut être assimilé à un ‘’dialogue de sourds’’, a estimé, mercredi, Jean Pierre Sacaze, conseiller économique à la délégation européenne à Dakar.

S’exprimant à l’ouverture d’un séminaire sur le Fonds régional de l’APE, il a annoncé que les deux parties se sont accordées sur de nombreux points, notant que seuls ‘’quelques points’’ demeurent en négociation, ‘’qui font l’objet d’une attention politique particulière par nos plus hautes autorités au niveau de l’Union européenne et africaine".

"Nous gardons bon espoir de pouvoir conclure les négociations compte tenu de la bonne volonté des différentes parties et des réalisations importantes qui ont été faites", a ajouté Jean Jean Pierre Sacaze lors de cette rencontre visant notamment l’examen d’un plan opérationnel adopté par les Etats de la sous-région. Il s’agit aussi de discuter d’un document-cadre du Fonds qui permettra une meilleure visibilité des négociations UE/Afrique sur les APE.

"Des accords tels que la protection des industries, les barrières sanitaires et phytosanitaires ou la mise en place d’un protocole sur l’appui au développement ont déjà été trouvés", a révélé M. Sacaze. Selon lui, les points en suspens sont liés à l’accès au marché et à la nouvelle politique en vigueur dans ce domaine. Mais, a-t-il ajouté, "ces points trouveront pour bientôt une solution".

Le représentant de la Commission économique de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) auprès de la Commission de l’UE, le Guinéen Yaya Sow s’est lui davantage appesanti sur les points de désaccord entre les deux parties. "Je dois dire qu’il y a des progrès sur l’ensemble des négociations, mais les divergences qui persistent sont fondamentales et sont au cœur des négociations des APE", a-t-il souligné.

’’C’est d’abord l’offre d’accès aux marchés ou nous n’arrivons pas à nous entendre avec les Européens, parce qu’ils proposent une ouverture de l’ordre de 80% alors que nous proposons une ouverture de 70%", a relevé Yaya Sow.

"D’autres désaccords sont également liés aux subventions de l’UE, à la clause de non-exécution et aux unions douanières que les pays européens ont signé avec des pays tiers. Donc ce sont les questions fondamentales sur lesquelles nous n’arrivons pas à nous entendre", a-t-il poursuivi.

Il a ainsi rappelé que suivant les instructions des chefs d’Etat africains, les négociateurs en chef chargés de discuter avec la partie européenne « ont la charge de négocier un accord global porteur de développement juste et équitable".

Pour le secrétaire général du ministère du Commerce les accords auxquels aboutiront les négociations entre l’UE et les APE doivent tenir en compte de préoccupations liées au développement et s’avérer juste pour les deux parties.

"D’un partenariat fondé sur une aide dont l’Afrique est le destinataire, nous devons passer à un partenariat qui fasse de l’Afrique un partenaire plus actif et plus bénéfique. Des accords équilibrés et qui se soucient du développement de chacun des partenaires doivent être trouvés à l’issue des négociations entamées", a-t-il estimé.

Selon lui, la dimension développement d’un probable accord est "une condition incontournable à la conclusion de bons accords pour ce qui concerne la sous-région ouest africaine".

Source : APS


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